« Le travail de la femme est-il un [simple] complément au revenu familial ? »

C’est en tous les cas ce que l’on peut comprendre de la déclaration de M. Marco Taddei, membre de la direction de l’Union Patronale Suisse et responsable de celle-ci en suisse romande, au travers de son intervention dans le reportage «Apprentis, se lever tôt pour gagner peu» de l’émission de Temps présent du 18 février 2016 (min. 20’40).


En réponse au journaliste qui lui demande si «ce n’est pas choquant que des femmes n’aient pas un salaire plus important pour le travail qu’elles font», il répond ainsi «… la situation individuelle doit être examinée dans le détail, notamment si cette personne vit seule ou est en ménage et peut bénéficier d’un salaire d’un mari ou d’un conjoint qui lui permet d’avoir une vie tout à fait convenable».Est-ce à dire alors que, selon l’Union patronale suisse, le salaire doit être définit selon la situation personnelle et non selon le travail fourni? Que la disparité constatée, entre les salaires des femmes et des hommes, peut se justifier par la situation personnelle?

Le GEIP – Groupement des Entrepreneurs et Indépendants Progressistes – s’offusque de pareils propos qui entretiennent la disparité salariale et qui font fi de la loi sur l’égalité entre femmes et hommes qui est entrée en vigueur il y aura 20 ans cet été.

Le monde du travail ne peut pas être considéré comme constitué de deux catégories d’individus, les hommes à [plus] hauts salaires et les femmes à [plus] bas salaires. Cette façon de considérer les femmes, n’est pas liée à la catégorie de métiers, à la formation ou encore à l’implication personnelle, mais est l’application sexiste, rétrograde et discriminatoire, d’un certain patronat.

Le salaire n’est pas de la charité ou un gain accessoire, mais bien une rémunération, qui se doit d’être décente, pour honorer une prestation demandée par l’employeur et réalisée par l’employé-e. Vouloir alors définir le salaire de la femme en fonction de sa situation, au sein d’un couple, ne peut que laisser pantois les employeurs que nous sommes. Mettre en œuvre le bien être et le respect de l’employé-e, notamment au travers du salaire, est un élément clef pour assurer la productivité de l’entreprise.

Pour le GEIP, il est extrêmement choquant d’entendre pareils propos discriminatoires de représentants du patronat. Il est grand temps de mettre fin à ce discours et ces pratiques sexistes, le travail et l’implication des femmes dans la société sont bien heureusement une réalité à part entière, elles ne sont pas annexes à l’existence de l’homme.

Pour le GEIP, Helena de Freitas, co-présidente et Boris Calame, co-président